La transmission intra-familiale : au 21ème siècle, les fils sont-ils favorisés par rapport aux filles ?

Au cœur des entreprises familiales, la question de la transmission entre les générations révèle souvent des inégalités profondément ancrées.

Malgré les avancées vers l’égalité, de nombreuses études, dont celle intitulée « The Impact of Gender on Family Business Succession: A Review of the Literature and the Role of Women in Family Business Succession » (2018) par Annalisa Sentuti et Antonio D’Allura, montrent qu’il existe encore un traitement discriminatoire entre les fils et les filles.

Cette dynamique complexe est influencée par des relations personnelles, des rôles de genre et des attentes socioculturelles.

Les affinités et intérêts similaires

Il est courant que les pères et les fils partagent des expériences similaires et des intérêts communs, renforçant ainsi leurs liens personnels. Ils peuvent se retrouver autour d’une passion pour le sport ou des hobbies partagés, ce qui crée une proximité naturelle.

Les filles, en revanche, peuvent parfois se sentir en marge de ces liens privilégiés, peinant à trouver leur place dans cette dynamique familiale.

Les rôles de genre et traditions patriarcales

Nos cultures, souvent encore imprégnées de patriarcat, désignent le fils comme l’héritier naturel de l’entreprise familiale. Il est celui que l’on prépare, dès son plus jeune âge, à suivre les traces de son père et à perpétuer la tradition.

Dans une ferme familiale, par exemple, le fils est souvent initié aux tâches agricoles très tôt, tandis que les filles sont encouragées à se tourner vers les études ou à envisager le mariage.

Les attentes sociétales et familiales pèsent lourd, confinant les filles à des rôles domestiques ou d’aidantes, même si elles aspirent légitimement à plus.

Les pressions et les opportunités

Cependant, ce poids de l’héritage n’est pas toujours un privilège pour les fils. La pression de devoir réussir et répondre aux attentes parentales peut être écrasante, affectant leur bien-être et leur équilibre familial.

De l’autre côté, les filles se voient souvent offrir moins d’opportunités pour prendre les rênes de l’entreprise familiale. Elles doivent prouver constamment leurs compétences, surmontant des obstacles et des biais sexistes pour être reconnues comme des successeurs légitimes.

Vers une égalité des chances

Certaines familles, plus progressistes, travaillent à instaurer une égalité des chances entre les sexes. Elles reconnaissent les talents uniques de chacun et cherchent à transmettre les responsabilités de manière équitable, qu’il s’agisse d’un fils ou d’une fille. La transmission intergénérationnelle ne se résume pas à une simple question de genre, mais à la qualité des relations personnelles, à l’ouverture à la communication et au respect des aspirations individuelles.

Conclusion

La transmission intra-familiale est un processus complexe et chargé d’émotions, variant en fonction des contextes socioculturels, des intérêts partagés et des pressions ressenties. Les pères doivent apprendre à reconnaître et à respecter les rêves et les talents uniques de chacun de leurs enfants. Cela peut signifier briser des traditions séculaires et adopter une approche plus flexible et inclusive.

Les études montrent que les entreprises familiales dirigées par des femmes peuvent performer aussi bien, voire mieux, que celles dirigées par des hommes. Cette performance est souvent liée à des styles de gestion et des approches de leadership différents, apportant une diversité bénéfique au sein de l’entreprise. Cependant, les filles doivent souvent lutter contre des préjugés pour prouver leur valeur et obtenir leur place légitime.

Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que la clé d’une transmission réussie réside dans la capacité des parents à s’adapter aux besoins et aux aspirations de leurs enfants, qu’ils soient fils ou filles. Il est crucial de créer un environnement familial où chacun peut s’épanouir, contribuant ainsi au succès et à la pérennité de l’entreprise familiale.

Bien à vous,

Aslam Bakkali